jeudi 6 décembre 2007
Chronique 4: le vrai visage du VIH
Certaines personnes croient que le VIH est une histoire de jeunes gais montréalais qui ne se protègent pas parce qu’ils pensent que le sida se guérit. Ont-elles raison de le croire?
Oui et non.
Pour mieux comprendre la réalité du VIH au Québec, rien de mieux que de jeter un coup d’œil aux statistiques récentes. En 2006 au Québec, 60% des nouveaux cas d’infection au VIH se retrouvaient chez les hommes gais ou bisexuels. Un autre 9% se trouvaient chez les utilisateurs de drogues par injection, 16 % pour les contacts hétérosexuels et 14% de personnes provenant de pays endémiques (pays d’Afrique subsaharienne, Haïti, etc.). Lorsque l’on ajoute ces nouveaux cas aux anciens, on se retrouve avec le portrait suivant.
Imaginez dans une pièce 20 personnes infectées par le VIH qui seraient représentatives de l’ensemble des cas québécois. Dans cette pièce, on retrouverait :
16 hommes;
4 femmes;
La moyenne d’âge est de 40 ans.
11 hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes;
4 utilisateurs de drogues par injection;
3 ont des relations hétérosexuelles;
3 viennent d’un pays endémique.
13 vivent à Montréal;
Une personne vit en Montérégie;
Une personne vit à Québec;
Les 5 autres vivent ailleurs dans la province.
Voici, grosso modo, le visage du VIH-Sida au Québec. Un premier préjugé tombe : que la plupart des gens qui ont le VIH sont des jeunes. C’est faux. Même chez les personnes nouvellement infectées, la moyenne d’âge demeure entre 35 et 45 ans. Cependant, on ne peut nier les faits : ce sont les hommes gais et bisexuels qui sont le plus touchés, suivis par les utilisateurs de drogues par injection. Il est aussi vrai de dire que 2 personnes atteintes sur 3 vivent à Montréal.
En ce qui a trait aux moins de 25 ans, il est vrai que les intervenants et les médecins sur le terrain remarquent une certaine banalisation des ITSS en général. C’est pourquoi, depuis la fin des années 90, on remarque une hausse des taux d’infection chez les jeunes, toutes ITSS confondues. Seule exception, la syphilis, qui touche une cohorte surtout composée d’hommes de 40 ans et plus qui fréquentent des saunas montréalais.
Quand on sait que 27% des personnes infectées au VIH ne savent pas qu’elles le sont et que l’ont pourrait diminuer de près de 50% le nombre de personnes infectées si tous et toutes connaissaient leur statut sérologique, on comprend que la prévention et le dépistage rapide et fréquent sont la clé du succès.
À quand donc un investissement massif dans la prévention et le dépistage au Canada? J’ai tenté d’appeler Stephen Harper pour lui poser la question. Voici ce qu’on m’a dit :
« Pour féliciter le Premier ministre Harper pour son engagement en Afghanistan, faites le 1;
If you are George W. Bush, press 2;
Si vous voulez parler du Protocole de Kyoto ou de la situation du VIH-sida au Canada, SVP raccrocher ».
Oui et non.
Pour mieux comprendre la réalité du VIH au Québec, rien de mieux que de jeter un coup d’œil aux statistiques récentes. En 2006 au Québec, 60% des nouveaux cas d’infection au VIH se retrouvaient chez les hommes gais ou bisexuels. Un autre 9% se trouvaient chez les utilisateurs de drogues par injection, 16 % pour les contacts hétérosexuels et 14% de personnes provenant de pays endémiques (pays d’Afrique subsaharienne, Haïti, etc.). Lorsque l’on ajoute ces nouveaux cas aux anciens, on se retrouve avec le portrait suivant.
Imaginez dans une pièce 20 personnes infectées par le VIH qui seraient représentatives de l’ensemble des cas québécois. Dans cette pièce, on retrouverait :
16 hommes;
4 femmes;
La moyenne d’âge est de 40 ans.
11 hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes;
4 utilisateurs de drogues par injection;
3 ont des relations hétérosexuelles;
3 viennent d’un pays endémique.
13 vivent à Montréal;
Une personne vit en Montérégie;
Une personne vit à Québec;
Les 5 autres vivent ailleurs dans la province.
Voici, grosso modo, le visage du VIH-Sida au Québec. Un premier préjugé tombe : que la plupart des gens qui ont le VIH sont des jeunes. C’est faux. Même chez les personnes nouvellement infectées, la moyenne d’âge demeure entre 35 et 45 ans. Cependant, on ne peut nier les faits : ce sont les hommes gais et bisexuels qui sont le plus touchés, suivis par les utilisateurs de drogues par injection. Il est aussi vrai de dire que 2 personnes atteintes sur 3 vivent à Montréal.
En ce qui a trait aux moins de 25 ans, il est vrai que les intervenants et les médecins sur le terrain remarquent une certaine banalisation des ITSS en général. C’est pourquoi, depuis la fin des années 90, on remarque une hausse des taux d’infection chez les jeunes, toutes ITSS confondues. Seule exception, la syphilis, qui touche une cohorte surtout composée d’hommes de 40 ans et plus qui fréquentent des saunas montréalais.
Quand on sait que 27% des personnes infectées au VIH ne savent pas qu’elles le sont et que l’ont pourrait diminuer de près de 50% le nombre de personnes infectées si tous et toutes connaissaient leur statut sérologique, on comprend que la prévention et le dépistage rapide et fréquent sont la clé du succès.
À quand donc un investissement massif dans la prévention et le dépistage au Canada? J’ai tenté d’appeler Stephen Harper pour lui poser la question. Voici ce qu’on m’a dit :
« Pour féliciter le Premier ministre Harper pour son engagement en Afghanistan, faites le 1;
If you are George W. Bush, press 2;
Si vous voulez parler du Protocole de Kyoto ou de la situation du VIH-sida au Canada, SVP raccrocher ».


